Françoise Giroud avait joué longtemps la couturière aux doigts de fée qui ravaudait les articles les plus bancals et sirupeux. Elle raccourcissait les phrases, supprimait les chevilles, éliminait les transitions pesantes, rajoutait des attaques et des conclusions frappantes, coupait et intervertissait les paragraphes, pressait le récit. Elle avait contribué à expurger le journalisme de son ton déclamatoire, didactique, raisonneur, pompeux et prolixe qui terrassait le lecteur.
Mémoires, le voleur dans la maison vide, Plon, 1997